Marie Métrailler (1901-1979)

Citation

On acceptait mal qu’une femme se débrouille. Il y avait quelqu’un qui est mort maintenant et qui disait d’un air méchant : « A Évolène, nous n’avons qu’un homme, et c’est une femme ». C’est moi qu’il visait. 

illustration : Soraya Poulin  /  lecture : Christine Métrailler

Portrait

Comme chaque matin, je m’installe à mon métier à tisser, bercée par la lumière douce d’Evolène qui transperce les fenêtres. C’est là, entre les fils, que j’ai construit ma vie. Née en 1901, dans un Valais rude et splendide, j’ai fait de mes mains un moyen de vivre, de résister et de rassembler. Tisserande de métier, j’ai ouvert mon atelier en 1938. Il m’a permis de subvenir aux besoins de ma famille et d’offrir du travail à d’autres femmes du Val d’Hérens, contribuant ainsi à leur émancipation financière. Promouvoir l’artisanat, c’est l’un de mes combats ! J’aime aussi lire et la littérature me le rends bien ! Ma maison a accueilli de grands noms, tels que Marguerite Yourcenar, attirés par mon parcours atypique et mes récits de fées, de légendes et de personnes d’autrefois. Avant ma mort, j’ai confié mes souvenirs à Marie-Magdeleine Brumagne. De nos échanges est né "La Poudre de Sourire", publié en 1980. Ce livre entrelace mon histoire à celle d’un Valais du 20e siècle, riche en traditions mais dur envers les femmes. Mon témoignage résonne encore aujourd’hui, bien au-delà des frontières romandes.

 

Informations complémentaires :

MÉTRAILLER Marie et BRUMAGNE Marie-Magdeleine, La Poudre de Sourire, Les Éditions du Rocher, Monaco, 1980, p. 185.

TROILLET-BOVEN Anne, « Lettre à Marie Métrailler »x, Le Nouvelliste, 13.06.1980, p. 2. En ligne : < https://www.e-newspaperarchives.ch/?a=d&d=NVE19800613-01.2.14>, consulté le 30.09.2025.

S. N., « Fondation Atelier de Marie Métrailler », 2023, <https://www.fondation-atelier-marie-metrailler.ch/ >, consulté le 02.10.2025.

Domaine : Économie

Période : 20e siècle

 

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