Dermatose nodulaire contagieuse

Lumpy skin disease (Dermatitis nodularis LSD)

Depuis le 29 juin 2025, 117 foyers ont été détectés en France au total : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (22), Doubs (1), Ariège (3) et Hautes-Pyrénées (1), Haute-Garonne (2), Aude (1). La stratégie sanitaire de lutte contre la DNC a porté ses fruits en Savoie et en Haute-Savoie où il n’y a plus aucun foyer épidémique depuis le début du mois de septembre. L’apparition récente de plusieurs foyers ponctuels dans d'autres régions est préoccupante et résulte probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites.

Cette maladie virale, classée parmi les épizooties hautement contagieuses, affecte les bovins et se transmet principalement par des insectes piqueurs (mouches, moustiques). Elle ne représente aucun danger pour l’être humain. Les animaux infectés présentent généralement une forte fièvre, des nodules cutanés douloureux, une perte d’appétit, ainsi que des écoulements nasaux et oculaires. Conformément aux mesures de lutte actuellement en vigueur, les animaux atteints doivent être abattus afin d’éviter la propagation de l’épizootie.

La Suisse est à ce jour indemne de la maladie. Une campagne de vaccination a eu lieu dans la zone de surveillance mise en place dès le 25 juillet 2025 danss les régions de Champéry, Finhaut et Ferret en Valais. 

Afin de prévenir la propagation du virus, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) ordonne la vaccination obligatoire de tous les bovins, buffles et bisons dans la zone de vaccination valaisanne concernée. Cette mesure vise à créer une barrière immunitaire efficace autour des foyers constatés en France. La vaccination est actuellement considérée comme la stratégie la plus efficace pour lutter contre la maladie. Les vaccins utilisés ne sont pas autorisés en Suisse. L'OSAV a émis une décision de portée générale pour l'importation et l'utilisation des vaccins. Les expériences faites jusqu'à présent montrent que les vaccins sont bien tolérés. Les coûts des vaccins et de leur administration sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires.

Les éleveurs sont appelés à être particulièrement vigilants : ils doivent protéger leurs animaux autant que possible contre les piqûres d'insectes et signaler immédiatement tout symptôme suspect au vétérinaire de district compétent. En outre, un programme de surveillance vétérinaire renforcé est mis en œuvre dans les régions concernées. Toutes les mesures sont actuellement en cours d'exécution et sont communiquées individuellement aux éleveurs ou alpagistes concernés..

L’OSAV suit de près l’évolution de la situation et prend, en collaboration avec les services vétérinaires cantonaux, toutes les mesures nécessaires pour prévenir l’introduction et la propagation de la maladie en Suisse.

Plus d'informations dans le document ci- contre, et sur le site de la Confédération

FAQ - Dermatose

Maladie et transmission

Qu’est- ce que la Dermatite nodulaire contagieuse DNC/LSD ?

Maladie virale affectant bovins, zébus, buffles d’eau, présente en Afrique, détectée en Europe depuis juin 2025. Ni l’homme ni les autres espèces animales, comme les ovins et les caprins, ne sont concernés. L’épizootie est classée épizootie hautement contagieuse (dont l’éradication est obligatoire).

Quels sont les symptômes ?

Les bovins de tous âges sont sensibles ; la durée d'incubation est de 1 à 4 semaines.

Les bovins atteints de DNC développent des nodules de 0,5 à 5 cm de diamètre, dont la peau se nécrose après cinq à sept semaines. Les animaux présentent également des signes tels que fièvre, dépression, anorexie, écoulements nasal et oculaire, ainsi qu’une hypertrophie des ganglions lymphatiques. La maladie est toutefois très rarement mortelle.

Quel est l’agent infectieux ?

Le virus de la DNC (Capripoxvirus, un seul sérotype) est très résistant, survivant jusqu’à plus de 30 jours dans les lésions, et pendant de longues périodes dans l’environnement. Il est sensible à la lumière du soleil et aux détergents.

Comment se transmet la maladie ?

Elle se transmet entre animaux par piqûre des insectes vecteurs (taons et mouches piqueuses). Un risque de contamination moindre existe par contact entre animaux, via les sécrétions (salive, jetage) et les nodules, ou encore de manière indirecte (par exemple par des visiteurs en provenance de zones infectées, et leurs véhicules pouvant transporter des insectes vecteurs).

La consommation de lait de viande ou de fromage est- elle possible, et sans risque ?

Oui, ces denrées peuvent être fabriquées même dans les zones de surveillance, et consommés. La DNC n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des bovins infectés ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés.

Quelle est la situation actuelle ?

A l'automne 2025, une zone de vaccination est en place dans un rayon de 50 km autour des plus de 70 cas décelés en France (Savoie). Cette zone inclut également le canton de Genève une partie du canton de Vaud, et quelques régions du sud- ouest du Valais.  (régions de Champéry, Finhaut et Ferret).

 
 

Période de rétablissement

Qu'est-ce que la période de rétablissement ?

Conformément à la réglementation européenne, une période de rétablissement doit être respectée après la dernière vaccination réalisée dans les zones concernées. Sa durée est fixée  à 8 mois selon les prescriptions appliquées par la Suisse, la zone sera donc vraisemblablement levée le 11 avril 2026 en Valais.
 

Quelles mesures s'appliquent pendant cette période ?

Durant toute la période de rétablissement , les mesures suivantes restent en vigueur :

  • Maintien des zones de vaccination
  • Surveillance clinique des exploitations
  • Le cas échéant, surveillance en laboratoire

 

Mesures et prévention

Puis‑je organiser une manifestation avec du bétail ?

Oui. Les manifestations avec du bétail peuvent à nouveau être organisées dès le début de l’année 2026 dans l’ensemble du Valais (hors zone de vaccination), et dès le 11 avril 2026 dans les régions concernées par la zone de vaccination (Champéry, Finhaut et Ferret).

La situation sanitaire dans les régions frontalières est actuellement stable, même si une évolution ne peut jamais être totalement exclue. Le principe de précaution doit donc continuer à être appliqué de manière proportionnée.

  • La recommandation de 2025, qui déconseillait l’organisation de manifestations avec des bovins à proximité de la zone de vaccination, n’est plus en vigueur dès 2026. Les événements peuvent être organisés, à condition de respecter strictement toutes les prescriptions sanitaires et légales, notamment celles de l’ordonnance DNC ainsi que les règles relatives aux échanges internationaux, au transport d’animaux et à l’organisation des combats de reines.
  • Dans ce contexte, et en raison d’une situation sanitaire encore instable dans le sud de la France, il demeure toutefois déconseillé d’organiser ou de participer à des manifestations réunissant des bovins ne provenant pas de Suisse.

En Valais, la zone de vaccination sera levée après la période de rétablissement de huit mois, en principe le 11 avril 2026, sous réserve du maintien d’une situation stable. À partir de cette date, les manifestations pourront également se tenir dans ces régions, dans le respect des prescriptions en vigueur.

Quelles sont les mesures en place dès le 12 octobre 2025 ?

 

À partir du 12 octobre 2025, et sous réserve du maintien d’une situation sanitaire stable ainsi que de l’absence de nouveaux cas, les mesures suivantes entrent en vigueur :

  • Levée des restrictions de mouvement pour les animaux vivants en provenance des zones de vaccination valaisannes.
  • Fin des restrictions concernant les sous-produits animaux, notamment pour l’élimination des peaux.
  • Maintien du séquestre et des restrictions liées uniquement dans les exploitations ayant accueilli des animaux sur dérogation : la levée de ces séquestres interviendra au cas par cas, après un contrôle vétérinaire favorable et à l’issue du délai réglementaire de 28 jours.

Pour rappel, la période de rétablissement – c’est-à-dire la période pendant laquelle la zone de vaccination est maintenue – a débuté le 11 août 2025, date de la dernière vaccination. Sa durée minimale est estimée à 8 mois, conformément aux prescriptions en vigueur. 

 

Quelles sont les conditions auxquelles peuvent être déplacés les bovins détenus en zone de vaccination ?

L’Ordonnance de l’OSAV instituant des mesures contre la dermatose nodulaire contagieuse prévoit des conditions très strictes à son article 17 (notamment : pas de déplacement d’animaux hors de l’exploitation avant un délai de 60 jours après la vaccination dans toute la zone.

Comme ces conditions sont remplies en Valais, les restrictions de déplacement sont levées à partir du 12 octobre 2025, sous réserve que la situation sanitaire reste stable et qu’aucun nouveau cas ne soit signalé.

Seules les exploitations mises sous séquestre suite à un déplacement dérogatoire restent soumises à une période de surveillance de 28 jours. Dans ces cas, le séquestre sera levé individuellement après contrôle vétérinaire favorable et à l’issue de cette période.

J’aimerais protéger mon bétail, que faire ?

Pour les animaux situés dans la zone de vaccination, appliquer strictement les consignes transmises.

Pour les autres régions, comme seuls les animaux situés dans une zone de vaccination peuvent être vaccinés, il n’est pas possible de vacciner les animaux. Les éleveurs (spécialement en Bas- Valais) sont invités à faire preuve de vigilance par rapport à l’apparition de signes cliniques évocateurs de la maladie comme des nodules sur la peau, de la fièvre ou une forte baisse de la production. Il s’agit également de renforcer autant que possible les mesures de lutte contre les insectes vecteurs, et d’éviter la visite de personnes en provenance de régions touchées par la maladie.

Dans une telle situation, comment est- il possible de protéger la race d’Hérens, une race à petit effectif ?

Les mesures actuellement prises contribuent à cela. Si la maladie devait être décelée dans un troupeau suisse, il pourrait, dans certains cas, être envisagé de limiter l’abattage aux seuls animaux infectés, si l’ensemble des animaux d’une exploitation est vacciné. Une exception automatique à l’abattage des animaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ne peut pas être accordée pour les vaches de la race d’Hérens. L’application de l’article 85, alinéa 2ter, lettre c, de l’ordonnance sur les épizooties (OFE) à cette race est certes juridiquement envisageable, mais uniquement si des conditions strictes prévues par la législation sont remplies. Cela implique notamment une analyse du risque épidémiologique, une évaluation de la valeur génétique réelle des animaux concernés, ainsi que l’examen des possibilités alternatives de conservation du patrimoine génétique. Une évaluation au cas par cas devrait alors être effectuée par les autorités vétérinaires compétentes.

Quelles ont été les mesures prises dans la zone de surveillance ?

A l’intérieur de la zone de surveillance, les animaux ont été vaccinés, et des contrôles vétérinaires effectués. Pour limiter le plus possible le risque que la maladie soit diffusée, des restrictions aux mouvements d’animaux et de sous- produits animaux sont appliqués, et des mesures de biosécurité doivent être mises en œuvre :

  • Lutte efficace contre les insectes vecteurs (dans et autour des bâtiments, répulsifs sur les animaux),
  • Nettoyage/désinfection des véhicules de transport,
  • Limitation de l’accès aux animaux aux seules personnes indispensables

Vaccination

En quoi consiste la vaccination, est-elle efficace ?

La vaccination constitue à ce jour la stratégie la plus efficace pour enrayer la maladie. Les vaccins utilisés ne sont pas autorisés en Suisse, mais l’OSAV a édicté une décision générale pour l’importation et l’utilisation de ces vaccins. Les expériences faites jusqu’à présent montrent qu’ils sont bien tolérés. La vaccination consiste en une seule injection sous- cutanée, effectuée par le vétérinaire. L’immunité se développe dans les jours qui suivent l’injection pour atteindre un niveau sûr après 28 jours.

Le délai d’attente après administration des vaccins pour la viande dépend du vaccin administré (le vétérinaire responsable pourra indiquer lequel a été administré aux animaux) :  aucun pour le Bovilis Lumpyvax-E , et 21 jours pour le OBP Lumpyskin Disease. pour les deux vaccins, il  n'y aucun délai d'attente pour le lait.

 

Pourquoi ne puis-je pas vacciner mes animaux ?

La vaccination contre la DNC ne peut pas être décidée individuellement. Elle fait partie d’une stratégie globale de lutte définie au niveau légal national et européen, visant à créer une "ceinture d’immunité" autour des foyers détectés.

Actuellement, aucun cas n’a été détecté en Suisse, donc la vaccination n’est autorisée que dans certaines zones ciblées (les zones de surveillance, qui sont érigées dans un périmètre de 50 km autour du foyer de la maladie le plus proche). Une vaccination préventive généralisée (comme dans tout le Valais, par exemple) n’est pas possible à ce stade, ni d’un point de vue légal ni économique, et impliquerait pour les éleveurs des conséquences importantes (restrictions de mouvements d’animaux, interdiction des manifestations avec du bétail), ainsi qu’un impact commercial sur les échanges internationaux). Pour toutes ces raisons, la vaccination d’animaux hors d’une zone de surveillance est interdite.

La vaccination a-t-elle des effets secondaires ?

Comme pour tout médicament, il peut y avoir de très rares effets secondaires passagers et sans conséquences. Mais dans tous les cas, les bénéfices de la vaccination sont très largement supérieurs au faible risque éventuel qu’elle pourrait représenter.

Aspect financier

Qu’en est- il des coûts engendrés ?

Les frais liés à la vaccination sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires. D’éventuelles pertes d’animaux liées à la maladie seraient indemnisées par le Canton.

En revanche, ne sont pas indemnisés :

  • le travail supplémentaire d’aide de la part des détenteurs d’animaux
  • les coûts engendrés par les mesures de protection et de restriction.

Le service cantonal de l’agriculture est compétent pour répondre aux questions liées aux subventions agricoles.