Dermatose nodulaire contagieuse
Lumpy skin disease (Dermatitis nodularis LSD)
La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale hautement contagieuse touchant les bovins, transmise principalement par des insectes piqueurs (mouches, moustiques). Elle ne présente aucun risque pour l’être humain.
Depuis fin juin 2025, plusieurs foyers ont été détectés en France, principalement dans les régions proches de la Suisse. La situation s’est toutefois améliorée en Savoie et Haute-Savoie, où aucun foyer n’est recensé depuis début septembre. Des foyers isolés persistent dans d’autres régions françaises, probablement liés à des mouvements d’animaux.
La Suisse est actuellement indemne de la maladie. À titre préventif, une zone de surveillance a été mise en place en Valais dès le 25 juillet 2025, accompagnée d’une campagne de vaccination dans les régions de Champéry, Finhaut et Ferret. La vaccination obligatoire des bovins, buffles et bisons dans la zone concernée vise à créer une barrière immunitaire efficace face au risque d’introduction du virus.
La vaccination est considérée comme la mesure la plus efficace pour prévenir la propagation de la maladie. Les vaccins utilisés, bien tolérés selon les données disponibles, font l’objet d’une autorisation exceptionnelle de l’OSAV. Les coûts des vaccins et de leur administration sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires, même si certains frais indirects, notamment d’ordre organisationnel ou liés à la gestion des animaux, peuvent toutefois demeurer à la charge des détenteurs.
Les éleveurs sont appelés à être particulièrement vigilants : ils doivent protéger leurs animaux autant que possible contre les piqûres d'insectes et signaler immédiatement tout symptôme suspect au vétérinaire de district compétent. En outre, un programme de surveillance vétérinaire renforcé est mis en œuvre dans les régions concernées. Toutes les mesures en cours d'exécution sont communiquées individuellement aux éleveurs ou alpagistes concernés.
Compte tenu de la présence de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC, Lumpy Skin Disease) en France depuis juin 2025, Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a décidé d’interdire l’estivage de bovins en France pour la saison 2026. Cette mesure préventive vise à éviter toute introduction de la maladie en Suisse. À ce jour, aucun cas n’a été constaté sur le territoire national.
Cette interdiction concerne principalement des exploitations situées dans les cantons de Vaud et de Genève. Les détenteurs valaisans ne sont pas touchés par cette décision, dans la mesure où ils ne pratiquent pas l’estivage de bovins en France.
En revanche, certains détenteurs valaisans sont concernés par une mesure de protection complémentaire arrêtée parallèlement pour les zones actuellement soumises à vaccination, à savoir les régions valaisannes de Champéry, Finhaut et Ferret, ainsi que certaines régions des cantons de Genève et de Vaud. Dans ces zones, les bovins devront recevoir un rappel vaccinal d’ici à la fin du printemps 2026. Les modalités précises de cette revaccination sont en cours d’élaboration en coordination avec l’OSAV et seront communiquées dès leur adoption.
Plus d'informations dans le document ci- contre, et sur le site de la Confédération
FAQ - Dermatose
Maladie et transmission
Qu’est- ce que la Dermatite nodulaire contagieuse DNC/LSD ?
Maladie virale affectant bovins, zébus, buffles d’eau, présente en Afrique, détectée en Europe depuis juin 2025. Ni l’homme ni les autres espèces animales, comme les ovins et les caprins, ne sont concernés. L’épizootie est classée épizootie hautement contagieuse (dont l’éradication est obligatoire).
Quels sont les symptômes ?
Les bovins de tous âges sont sensibles ; la durée d'incubation est de 1 à 4 semaines.
Les bovins atteints de DNC développent des nodules de 0,5 à 5 cm de diamètre, dont la peau se nécrose après cinq à sept semaines. Les animaux présentent également des signes tels que fièvre, dépression, anorexie, écoulements nasal et oculaire, ainsi qu’une hypertrophie des ganglions lymphatiques. La maladie est toutefois très rarement mortelle.
Quel est l’agent infectieux ?
Le virus de la DNC (Capripoxvirus, un seul sérotype) est très résistant, survivant jusqu’à plus de 30 jours dans les lésions, et pendant de longues périodes dans l’environnement. Il est sensible à la lumière du soleil et aux détergents.
Comment se transmet la maladie ?
Elle se transmet entre animaux par piqûre des insectes vecteurs (taons et mouches piqueuses). Un risque de contamination moindre existe par contact entre animaux, via les sécrétions (salive, jetage) et les nodules, ou encore de manière indirecte (par exemple par des visiteurs en provenance de zones infectées, et leurs véhicules pouvant transporter des insectes vecteurs).
La consommation de lait de viande ou de fromage est- elle possible, et sans risque ?
Oui, ces denrées peuvent être fabriquées même dans les zones de surveillance, et consommés. La DNC n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des bovins infectés ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés.
Quelle est la situation actuelle ?
A l'automne 2025, une zone de vaccination est en place dans un rayon de 50 km autour des plus de 70 cas décelés en France (Savoie). Cette zone inclut également le canton de Genève une partie du canton de Vaud, et quelques régions du sud- ouest du Valais. (régions de Champéry, Finhaut et Ferret).
Rappels de vaccination
Dans ces zones, les bovins devront recevoir un rappel vaccinal d’ici à la fin du printemps 2026. Les modalités précises de cette revaccination sont en cours d’élaboration en coordination avec l’OSAV et seront communiquées dès leur adoption.
Période de rétablissement
Conformément à la réglementation européenne, une période de rétablissement doit être respectée après la dernière vaccination réalisée dans les zones concernées. Sa durée est fixée à 8 mois selon les prescriptions appliquées par la Suisse.
Quelles mesures s'appliquent pendant cette période ?
Durant toute la période de rétablissement , les mesures suivantes restent en vigueur :
- Maintien des zones de vaccination
- Surveillance clinique des exploitations
- Le cas échéant, surveillance en laboratoire
Mesures et prévention
Puis‑je organiser une manifestation avec du bétail ?
Oui. Les manifestations avec du bétail peuvent à nouveau être organisées dès le début de l’année 2026 dans l’ensemble du Valais (hors zone de vaccination). Dans les régions concernées par la zone de vaccination (Champéry, Finhaut et Ferret), elles pourraient, le cas échéant, avoir lieu après la levée de la zone, à l’issue de la période de rétablissement.
La situation sanitaire dans les régions frontalières est actuellement stable, même si une évolution ne peut jamais être totalement exclue. Le principe de précaution doit donc continuer à être appliqué de manière proportionnée.
- La recommandation de 2025, qui déconseillait l’organisation de manifestations avec des bovins à proximité de la zone de vaccination, n’est plus en vigueur dès 2026. Les événements peuvent être organisés, à condition de respecter strictement toutes les prescriptions sanitaires et légales, notamment celles de l’ordonnance DNC ainsi que les règles relatives aux échanges internationaux, au transport d’animaux et à l’organisation des combats de reines.
- Dans ce contexte, et en raison d’une situation sanitaire encore instable dans le sud de la France, il demeure toutefois déconseillé d’organiser ou de participer à des manifestations réunissant des bovins ne provenant pas de Suisse.
Quelles sont les mesures en place dès le 12 octobre 2025 ?
À partir du 12 octobre 2025, et sous réserve du maintien d’une situation sanitaire stable ainsi que de l’absence de nouveaux cas, les mesures suivantes entrent en vigueur :
- Levée des restrictions de mouvement pour les animaux vivants en provenance des zones de vaccination valaisannes.
- Fin des restrictions concernant les sous-produits animaux, notamment pour l’élimination des peaux.
- Maintien du séquestre et des restrictions liées uniquement dans les exploitations ayant accueilli des animaux sur dérogation : la levée de ces séquestres interviendra au cas par cas, après un contrôle vétérinaire favorable et à l’issue du délai réglementaire de 28 jours.
Dans les zones de vaccination, les bovins devront recevoir un rappel vaccinal d’ici à la fin du printemps 2026. Les modalités précises de cette revaccination sont en cours d’élaboration en coordination avec l’OSAV et seront communiquées dès leur adoption.
Quelles sont les conditions auxquelles peuvent être déplacés les bovins détenus en zone de vaccination ?
L’Ordonnance de l’OSAV instituant des mesures contre la dermatose nodulaire contagieuse prévoit des conditions très strictes à son article 17 (notamment : pas de déplacement d’animaux hors de l’exploitation avant un délai de 60 jours après la vaccination dans toute la zone.
Comme ces conditions sont remplies en Valais, les restrictions de déplacement sont levées à partir du 12 octobre 2025, sous réserve que la situation sanitaire reste stable et qu’aucun nouveau cas ne soit signalé.
Seules les exploitations mises sous séquestre suite à un déplacement dérogatoire restent soumises à une période de surveillance de 28 jours. Dans ces cas, le séquestre sera levé individuellement après contrôle vétérinaire favorable et à l’issue de cette période.
J’aimerais protéger mon bétail, que faire ?
Pour les animaux situés dans la zone de vaccination, appliquer strictement les consignes transmises.
Pour les autres régions, comme seuls les animaux situés dans une zone de vaccination peuvent être vaccinés, il n’est pas possible de vacciner les animaux. Les éleveurs (spécialement en Bas- Valais) sont invités à faire preuve de vigilance par rapport à l’apparition de signes cliniques évocateurs de la maladie comme des nodules sur la peau, de la fièvre ou une forte baisse de la production. Il s’agit également de renforcer autant que possible les mesures de lutte contre les insectes vecteurs, et d’éviter la visite de personnes en provenance de régions touchées par la maladie.
Dans une telle situation, comment est- il possible de protéger la race d’Hérens, une race à petit effectif ?
Les mesures actuellement prises contribuent à cela. Si la maladie devait être décelée dans un troupeau suisse, il pourrait, dans certains cas, être envisagé de limiter l’abattage aux seuls animaux infectés, si l’ensemble des animaux d’une exploitation est vacciné. Une exception automatique à l’abattage des animaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ne peut pas être accordée pour les vaches de la race d’Hérens. L’application de l’article 85, alinéa 2ter, lettre c, de l’ordonnance sur les épizooties (OFE) à cette race est certes juridiquement envisageable, mais uniquement si des conditions strictes prévues par la législation sont remplies. Cela implique notamment une analyse du risque épidémiologique, une évaluation de la valeur génétique réelle des animaux concernés, ainsi que l’examen des possibilités alternatives de conservation du patrimoine génétique. Une évaluation au cas par cas devrait alors être effectuée par les autorités vétérinaires compétentes.
Quelles ont été les mesures prises dans la zone de surveillance ?
A l’intérieur de la zone de surveillance, les animaux ont été vaccinés, et des contrôles vétérinaires effectués. Pour limiter le plus possible le risque que la maladie soit diffusée, des restrictions aux mouvements d’animaux et de sous- produits animaux sont appliqués, et des mesures de biosécurité doivent être mises en œuvre :
- Lutte efficace contre les insectes vecteurs (dans et autour des bâtiments, répulsifs sur les animaux),
- Nettoyage/désinfection des véhicules de transport,
- Limitation de l’accès aux animaux aux seules personnes indispensables
Vaccination
En quoi consiste la vaccination, est-elle efficace ?
La vaccination constitue à ce jour la stratégie la plus efficace pour enrayer la maladie. Les vaccins utilisés ne sont pas autorisés en Suisse, mais l’OSAV a édicté une décision générale pour l’importation et l’utilisation de ces vaccins. Les expériences faites jusqu’à présent montrent qu’ils sont bien tolérés. La vaccination consiste en une seule injection sous- cutanée, effectuée par le vétérinaire. L’immunité se développe dans les jours qui suivent l’injection pour atteindre un niveau sûr après 28 jours.
Le délai d’attente après administration des vaccins pour la viande dépend du vaccin administré (le vétérinaire responsable pourra indiquer lequel a été administré aux animaux) : aucun pour le Bovilis Lumpyvax-E , et 21 jours pour le OBP Lumpyskin Disease. pour les deux vaccins, il n'y aucun délai d'attente pour le lait.
Pourquoi ne puis-je pas vacciner mes animaux ?
La vaccination contre la DNC ne peut pas être décidée individuellement. Elle fait partie d’une stratégie globale de lutte définie au niveau légal national et européen, visant à créer une "ceinture d’immunité" autour des foyers détectés.
Actuellement, aucun cas n’a été détecté en Suisse, donc la vaccination n’est autorisée que dans certaines zones ciblées (les zones de surveillance, qui sont érigées dans un périmètre de 50 km autour du foyer de la maladie le plus proche). Une vaccination préventive généralisée (comme dans tout le Valais, par exemple) n’est pas possible à ce stade, ni d’un point de vue légal ni économique, et impliquerait pour les éleveurs des conséquences importantes (restrictions de mouvements d’animaux, interdiction des manifestations avec du bétail), ainsi qu’un impact commercial sur les échanges internationaux). Pour toutes ces raisons, la vaccination d’animaux hors d’une zone de surveillance est interdite.
La vaccination a-t-elle des effets secondaires ?
Comme pour tout médicament, il peut y avoir de très rares effets secondaires passagers et sans conséquences. Mais dans tous les cas, les bénéfices de la vaccination sont très largement supérieurs au faible risque éventuel qu’elle pourrait représenter.
Aspect financier
Qu’en est- il des coûts engendrés ?
Les frais liés à la vaccination sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires. D’éventuelles pertes d’animaux liées à la maladie seraient indemnisées par le Canton.
En revanche, ne sont pas indemnisés :
- le travail supplémentaire d’aide de la part des détenteurs d’animaux
- les coûts engendrés par les mesures de protection et de restriction.
Le service cantonal de l’agriculture est compétent pour répondre aux questions liées aux subventions agricoles.