Conférence de presse Finances

Budget 2027 - Préserver l’équilibre dans un contexte financier exigeant

S’inscrivant dans un contexte financier tendu et soumis à une pression croissante, sous l’effet de besoins toujours plus importants, le budget 2027 prévoit des charges et des revenus de 4,9 milliards de francs. Il boucle sur un excédent de revenus de 0,7 million de francs et un excédent de financement de 0,8 million de francs. Il respecte ainsi les dispositions constitutionnelles d’équilibre financier, tout en préparant les mesures nécessaires pour garantir, à plus long terme, la solidité et la soutenabilité des finances cantonales. Face au durcissement du contexte financier, le Conseil d’Etat lance un programme d’équilibre des finances cantonales pour les années suivantes.

Le projet de budget 2027 prévoit des charges et des revenus de 4,9 milliards de francs, soit une progression de 2,8% ou 135 millions de francs par rapport au budget 2026. Il boucle sur un excédent de revenus de 0,7 million de francs et un excédent de financement de 0,8 million de francs. Il reflète les priorités définies par le Gouvernement et permet de maintenir des prestations publiques de qualité au service de la population et de l’économie. Tenant compte des investissements financés par le fonds de financement de l’investissement et de la gestion des immeubles de l’Etat (Fonds FIGI), le volume d’investissement se monte à près de 613 millions de francs (615 millions de francs au budget 2026 et 482 millions de francs au compte 2025).

Le reflet de contraintes budgétaires accrues et d’une politique financière responsable

Sur la base des moyens à disposition, le Conseil d’Etat a opéré des arbitrages significatifs, tout en appliquant une rigueur financière adaptée. Il a aussi intégré les enseignements tirés des résultats et des constats issus du compte 2025, de même que les évolutions et ajustements intervenus depuis le début de l’exercice en cours. L’ensemble de ses travaux a permis d’établir un budget équilibré et caractérisé par les principaux éléments suivants :

  • des ressources supplémentaires ont été allouées aux domaines faisant face à d’importantes croissances de charges ou présentant des besoins spécifiques (santé, action sociale, formation, jeunesse, sécurité, routes, dangers naturels, etc.) ;
  • des efforts de priorisation et de maîtrise des dépenses ont permis de réduire les besoins de plus de 90 millions de francs par rapport aux estimations budgétaires initiales, ce qui passe notamment par des projections de diminution du cercle des bénéficiaires de réductions individuelles de primes maladies, de report d’ouvertures de places et de limitations d’encadrement dans les institutions sociales, de restrictions au niveau des mesures d’accompagnement et d’insertion dans les domaines de l’aide sociale et de l’asile, de report de la mise en fonction de certains nouveaux bâtiments dans le secteur des hautes écoles ainsi que des limitations de dépenses dans les secteurs de la jeunesse, de la formation, des routes et de la stratégie climatique ;
  • le budget prévoit le renoncement à l’octroi du renchérissement, tant pour les enseignants et employés d’Etat que pour le personnel des institutions paraétatiques subventionnées ;
  • la création de nouveaux postes administratifs et enseignants s’est basée sur une priorisation très stricte, visant à maintenir le niveau des prestations offertes à la population et à répondre à certains besoins spécifiques.

Le Conseil d’Etat a procédé à une analyse détaillée de l’évolution des EPT depuis 2015 et à un état des lieux de la mise en œuvre des projets d’efficience entrepris par les départements. Il en ressort que l’augmentation des postes au sein de l’administration cantonale est restée limitée en regard de la croissance du volume et de la complexité des tâches, liée notamment à l’augmentation de la population et de ses attentes, à la multiplication des risques et des situations de crise ou encore à la complexification des réglementations et des procédures en vigueur. Quant aux mesures d’efficience, près de la moitié ont déjà été réalisées, permettant de réaffecter les ressources ainsi libérées à des tâches prioritaires ou nouvelles. Leur mise en œuvre se poursuit. L’analyse montre que si ces mesures contribuent à optimiser l’utilisation des ressources, elles ne permettent pas à elles seules d’absorber l’ensemble des besoins. Des besoins urgents en personnel demeurent dans certains domaines.

Pour 2027, le Conseil d’Etat propose ainsi la création de 26,4 EPT dans l’administration, dont 21,7 EPT sont nécessaires pour éviter un impact direct sur l’intégrité des personnes, 4,2 EPT se justifient par une conséquence importante sur les recettes de l’Etat et 0,5 EPT découle d’une révision de base légale. A cela s’ajoutent 4,2 EPT autofinancés, 20 EPT à durée temporaire/déterminable jusqu’au moment où le financement ne sera plus versé, 3 EPT déjà engagés en 2026 en lien avec le décret sur la gestion des conséquences des événements naturels ayant touché le Lötschental et 6,3 EPT à durée déterminée déjà engagés en 2026 au sein de la Justice via des crédits supplémentaires suite à l’incendie de Crans-Montana. 44 nouveaux EPT sont également prévus dans l’enseignement ;

  • le montant des subventions sans caractère d’investissement s’élève à 1,9 milliard de francs, soit une augmentation de plus de 70 millions de francs par rapport au budget 2026. 23,5 millions de francs supplémentaires ont été octroyés pour le domaine de la santé, 10,9 millions pour les assurances sociales, 8,6 millions pour l’action sociale et l’égalité, 8,1 millions pour la formation, 5,8 millions pour le subventionnement des primes d’assurance-maladie, ou encore 5,4 millions pour les fusions de communes, 4,3 millions pour l’aide à la jeunesse et 3,0 millions pour la culture ;
  • les impacts financiers nets du programme d’allègement budgétaire de la Confédération (PAB27) estimés à 12,9 millions de francs pour 2027 ont été intégrés ;
  • enfin, s’inscrivant dans la même tendance que le budget 2026, une utilisation des fonds propres constitués ces dernières années est prévue pour financer notamment certaines charges, investissements et réformes, mais aussi pour limiter la pression sur les enveloppes budgétaires.

Des années à venir caractérisées par un durcissement du contexte financier et des besoins en augmentation

Les résultats du projet de budget 2027 ne doivent pas occulter la réalité qui se dessine pour les années à venir. Plusieurs défis majeurs vont peser sur les finances cantonales, comme le programme d’allègement des finances fédérales, le contre-projet indirect à l’initiative d’allègement des primes d’assurance-maladie, le nouveau système de financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires, la suppression de l’imposition de la valeur locative ou encore les effets des autres révisions fiscales.

La progression des recettes, qui avait permis ces dernières années de compenser la hausse des charges, ne suffira pas dans les années à venir à faire face aux dépenses incompressibles.

Le Conseil d’Etat a donc décidé de lancer un programme d’équilibre des finances cantonales pour continuer à garantir l’équilibre budgétaire sans prétériter l’accomplissement des prestations qu’il se doit d’assurer. L’objectif est de libérer des capacités financières d’un montant minimal de 180 millions de francs d’ici 2030. Ce programme s’appliquera à tous les Services et portera sur l’ensemble des dépenses, des recettes et des réserves de l’Etat.

L’organisation et la planification de ce programme sont en cours. Les détails à ce sujet seront précisés dès qu’ils auront été finalisés.